Le Télégramme

Article de presse

Gaëtan Nicot. Pop 80 habillée jazz - Quimper

Les Aprèm'Jazz ont joué, ce week-end, au Ceili, la carte de l'originalité. Le pianiste Gaëtan Nicot a interprété des titres de son disque « Jazz radiophonique eighties », des tubes... pop-rock (!) d'une décennie parfois injustement décriée.

Dans le prolongement des jazzmen des années 40 qui remaniaient les mélodies de Broadway, le Gaëtan Nicot Trio « défigure » une poignée de musiques familières, qualifiées en leur temps de scies FM.

« En leur façonnant un nouveau visage, il dévoile une identité sublimée mais schizophrénique. Car, constamment troublé par les bouleversements, l'auditeur ne peut que se détacher des originaux devenus trop instables et se raccrocher à la solidité de jeu de ce triangle musical qui s'élance dès lors vers de nouveaux horizons », notait à juste titre un critique de Citizen Jazz. Il faut, de fait, sacrément tendre l'oreille pour distinguer le magnifique slow « Everybody's got to learn sometime » des Korgis, numéro un en France à l'été 80. Idem en ce qui concerne l'entraînant « Walk like an Egyptian », best-seller au Billboard américain à l'hiver 1986-87.

Au final, c'est sans conteste sur le tribal « Sunday bloody sunday » cher à U2 que le trio de Gaëtan Nicot (efficacement complété par Étienne Gallac à la basse électrique et Christophe Lavergne à la batterie) se promène avec le plus d'aisance, habillée de décalages discrets qui enrobent des lignes claires mais ambiguës.

 

Gilles Carrière